Stevan Stefanovic : Le bombardement de la République fédérale de Yougoslavie

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En 1999, notre pays a été soumis à la plus grande agression militaire depuis la Seconde Guerre mondiale. Sans la permission du Conseil de sécurité, des cibles civiles et militaires ont été bombardées en Yougoslavie à partir du 24 mars au 10 juin 1999, donc, soixante-dix-huit jours et nuits. Le bombardement de la Yougoslavie marque l’apogée de la domination de l’Alliance atlantique sur le reste du monde. Jamais dans l’histoire de l’humanité et de l’histoire humaine un conflit militaire aussi inégal et disproportionné ne s’est pas produit: l’alliance militaire la plus grande et la plus puissante, mais aussi politique, a attaqué un état libre et souverain. Nous avions nos 240 avions, et les forces de l’OTAN nous ont attaqués avec 1 031 avions, ce qui représente plus de quarante pour cent de la capacité aérienne totale de tous les pays de l’OTAN. La superficie de la République fédérale de Yougoslavie était d’environ 101 000 kilomètres carrés et la surface des pays qui nous ont attaqués dépassait les vingt millions de kilomètres carrés. Le nombre de soldats de l’OTAN était mille fois supérieur à celui que la Serbie pourrait mobiliser en cas de mobilisation générale. Et le budget militaire était 680 fois plus grand.

Pour justifier la guerre, le terme de crise humanitaire a été inventé. La police serbe aurait soi-disant commis des atrocités sur la population albanaise du Kosovo-et-Métochie à des fins de nettoyage ethnique de la province du sud de la Serbie, provoquant une catastrophe humanitaire.

Après l’agression de l’OTAN, le monde a changé, rien n’est resté le même. La Russie et la Chine ont changé leur politique étrangère et depuis lors, l’équilibre des pouvoirs dans le monde a changé.

Lors du bombardement de la Yougoslavie, l’ambassade de Chine a été démolie. Certains généraux de l’OTAN ont suggéré de diviser la Fédération de Russie et de s’emparer de la Sibérie, qui deviendrait un protectorat des puissances occidentales. Des bases de l’OTAN ont été installées aux frontières de la Russie, de la Finlande, de l’Estonie et plus tard en Ukraine. La Russie est assiégée. Les grands pays qui faisaient partie de l’empire russe et qui ont été libéré et annexé par les empereurs russes, la Russie les a perdu, surtout le Kazakhstan, la Biélorussie, la Géorgie…

En 1999, le public russe a compris qu’ils étaient les prochains et il a changé son attitude envers le monde occidental. Déjà en 2004, le président russe Vladimir Poutine s’est ouvertement opposé à la domination occidentale. Aujourd’hui, des trois plus grandes puissances du monde, les États-Unis, la Russie et la Chine, deux d’entre eux se tiennent fermement de notre côté, de notre point de vue, et ne reconnaissent pas l’indépendance violente et illégitime de notre province du sud. Tout comme les pays européens, les membres importants de l’Union européenne, surtout l’Espagne, mais aussi la Roumanie et la Slovaquie….

Un État souverain ne peut pas être bombardé au milieu de l’Europe, qui existe depuis plus de mille ans et dont la culture et la civilisation sont ancrées dans les fondements de notre monde. C’est possible, oui, mais le monde ne peut plus rester le même après ça.

Nos alliés des deux guerres mondiales ont décidé de soutenir les Albains dans le conflit entre les Serbes et les Albanais au Kosovo-et-Métochie. Même aujourd’hui, l’Occident politique se trouve dans des positions où se trouvaient Vienne et Berlin d’il y a cent ans, ces empires austro-hongrois et prussien, plus tard l’empire germanique. Afin de repousser la Russie de la mer chaude, la mer Méditerranée, il était nécessaire que la Serbie, en tant qu’un pays slave traditionnellement orthodoxe ayant des liens étroits avec la Russie, soit éloignée de la mer Adriatique. La zone allant de l’Istrie et de la Slovénie jusq’aux montagnes albanaises devait être placée sous le contrôle direct du Traité de l’Atlantique Nord, y compris le Kosovo-et-Métochie et le Monténégro.

Des écoles, des églises, des hôpitaux, le bâtiment de la télévision, des ponts et la tour d’Avala ont été détruits. Le gouvernement de la Yougoslavie a estimé les dommages causés par le bombardement à 100 milliards d’euros. Surdulica et Aleksinac ont été complètement détruits.

Près de trois mille civils, Serbes et Monténégrins, ont été tués, tout bien que 1002 membres de l’armée et de la police. Treize mille personnes ont été blessées, et c’est comme une ville de la taille de Cuprija ou Velika Plana. 89 enfants ont été tués, plus de trois cent mille personnes ont quitté le Kosovo-et-Métochie. Un exode de Serbes et de la population non albanaise du Kosovo s’est produit, 60 000 maisons sont détruites, 150 usines. Un tiers de la capacité électrique du pays a été détruit. Des bombes à fragmentation interdites par la convention internationale ont été lancées. Entre autres, les bombes sont lancées sur le marché à Nis, le 7 mai, qui était plein de monde, ce qui ne pouvait en aucun cas être un objectif militaire. Quinze personnes ont alors été tuées, dont une fille de treize ans, dont le corps a été retrouvé avec plus de trente blessures causées par la bombe à fragmentation.

Le deuxième jour de Pâques, un train de voyageurs sur le chemin de fer à destination Belgrade – Thessalonique a été touché, le nombre de morts n’a jamais été annoncé, certains sont toujours portés disparus. Lorsqu’il a été touché, le train était dans les gorges de Grdelica, un petit Branimir de six ans est mort.

A l’occasion de la Sainte-Trinité, le pont de Varvarin a été bombardé après la liturgie, lors de la foire qui était en cours dans la ville de Varvarin. Sauvant les blessés de Morava, un prêtre en tenue de prêtre a été tué, mais aussi mineure Sanja Milenkovic, vainqueur de l’Olympiade mathématique …

Une fillette de deux ans, Bojana Tosovic, la plus jeune victime du bombardement, a été retrouvée morte à Merdar. Elle a été retrouvée dans les bras de son père, qui tentait de la protéger avec son corps.

À Batajnica, dans son appartement familial, Milica Rakic est morte. Elle se trouvait sur son pot pour bébé à ce moment-là où une partie de la bombe l’a tuée. Milica est l’un des symboles de la souffrance du peuple serbe à la fin du XXè siècle. Sa mère l’a laissée dans la salle de bain pendant un moment pour faire son lit dans la pièce voisine. Le lit dans lequel la petite Milica ne s’est reposée plus jamais. Une bombe est tombée dans le voisinage et des morceaux de fer ont fait irruption dans l’appartement, brisé du verre et du carrelage dans la salle de bain. Le père de Milica a trouvé sa fille sanglante sur le sol de la salle de bain, il l’a prise dans ses bras et il a dit à sa mère: nous l’avons perdue…

Selon des lobbyistes de l’OTAN, une quinzaine de tonnes d’uranium appauvri ont été déversées, qui se désintégreront dans 45 milliards d’années. Le nombre exact de bombes lancées et le nombre exact de victimes ne seront jamais connus.

Imaginez ce nombre: 45 000 000 000. Si nous coptions jusqu’à un milliard, il nous faudrait plus de trente ans. Il ne passe même pas trois milliards de secondes pour toute la vie humaine.

Les résultats du bombardement sont environ cinquante mille Serbes et Monténégrins malades du cancer jusqu’en 2016. Et plus de 400 000 Albanais qui ont quitté le Kosovo-et-Métochie à cause de la maladie du cancer. Le pic de leucémie est attendu chez les Albanais du Kosovo en 2025, en particulier chez leurs enfants.

L’historiographie notera que le peuple serbe est le premier peuple à s’opposer au Traité de l’Atlantique Nord et à l’occupation de l’OTAN, le premier peuple à s’opposer à ce que nous appelons le nouvel ordre mondial. D’abord en Bosnie-Herzégovine puis en Serbie et au Monténégro. Le seul homme blanc, un Européen qui a tiré sur un soldat américain, était un Serbe. Se trouvant dans le processus de l’effondrement terrible de l’état de Yougoslavie, que nous avons formé deux fois durant le siècle dernier, les Serbes ont tenté de résister à l’occupation étrangère. Aujourd’hui, il y a Orban, il y a Poutine, la Chine et la Russie, justement parce que nous étions opposés à l’Occident politique à cette époque-là.

Les généraux de l’OTAN ont été surpris de la résistance héroïque de l’armée yougoslave et des civils. Sur la montagne Pashtrik, à Baskara, dans des conditions impossibles, les Serbes ont résisté à une force inimaginable dotée d’une technologie inimaginable. L’héroïsme était épique, au niveau de la résistance des Spartiates aux Thermopyles. C’était au niveau des fameuses batailles de Kumanovo et Cer. Nos armes et technologies militaires sont sorties de la guerre complètement préservées. L’armée et les gens ont été préservés le plus que possible.

L’armée yougoslave n’ayant pas capitulé, l’OTAN a commencé à violer les droits et les coutumes de la guerre, et à commettre des crimes contre l’humanité. Il est prévu d’attaquer la récolte en Voïvodine et d’empoisonner l’eau. Ils voulaient détruire complètement ville après ville en Serbie à partir de la mi-juin. Une intervention des forces terrestres est prévue pour la fin de l’année. La Yougoslavie n’a pas capitulé à l’époque, n’a pas connu de victoire, mais elle n’a pas été vaincue non plus, même si 26 des pays les plus puissants du monde étaient contre elle. L’agression n’était pas une guerre mais un crime. Un crime a été commis contre nous.

Aux termes de l’accord de Kumanovo, le Kosovo-et-Métochie faisait toujours partie de la République fédérale de Yougoslavie, dont le successeur légal est la Serbie, mais l’armée et la police yougoslaves ont dû se retirer de la province du sud de la Serbie, qui était placée sous l’occupation de l’OTAN, ce qui était l’objectif principal de l’agression. Les généraux de l’OTAN ont promis à désarmer les terroristes de la soi-disant armée de libération du Kosovo et à permettre à tous les résidents du Kosovo-et-Métochie de vivre ensemble en paix. Cela n’est jamais arrivé. La résolution 1244 garantit l’intégrité territoriale et la souveraineté de la Yougoslavie, puis de la Serbie, au Kosovo-et-Métochie.

Aujourd’hui, 137 000 Serbes, nos compatriotes, vivent au Kosovo-et-Métochie, dans un pays occupé par des étrangers. Ceux qui vivent au sud d’Ibar, à Velika Hoca, Orahovac, Gorazdevac, vivent dans le ghetto, dans des réserves, comme les Indiens d’Amérique du Nord, sans conditions de vie de base. Faut-il laisser notre peuple du Kosovo-et-Métochie à la Grande Albanie, à Thaçi et à Haradinaj? Il ne faut pas oublier ce qui est arrivé aux Serbes du nord de l’Albanie, ils ont disparu, leurs noms et prénoms ont été changés de force, ils ont été assimilés par la force.

C’est pourquoi nous devons nous réveiller, nous désenivrer.

La Serbie est aujourd’hui le seul état multiethnique des Balkans et, d’autre part, le seul accusé de génocide, qui a effectivement été commis contre nous. La Croatie est nettoyée ethniquement des Serbes. Les sanctuaires du Monténégro dépouillent de nous dans le même but : l’expulsion des Serbes de la Méditerranée.

Au lieu du mythe du Kosovo, on nous propose aujourd’hui le mythe hollywoodien. Elle vient de ceux qui ont commis des crimes contre nous et un génocide sur son continent. Nous ne devons pas échanger nos Serbes, notre Kosovo, pour les illusions qui nous viennent d’Hollywood, pour le mythe de l’Union européenne. Nous sommes dans le processus de la colonisation de la culture, où les médias nous convainquent que nous sommes inférieurs comme la civilisation aux habitants d’Europe occidentale et d’Amérique.

C’est pourquoi nous devons nous souvenir de la petite Milica, de Sanja et de Bojan, des héros du Kosara, de toutes les églises allumées et des ponts abattus, de toutes les victimes du bombardement, pour se rappeler que cela ne se reproduira plus. Nous devons nous rappeler pour ne pas permettre qu’un génocide soit commis plus jamais contre nous.

 

Prêtre Stevan Stefanovic

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